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19.09.2008

Prends le pognon et tire-toi (ou pas)

France TV ne s'attendait sans doute pas à ça.
Qui aurait pu d'ailleurs s'imaginer qu'une telle polémique puisse naître à ce moment de l'année où économie et crise mondiale font la une de l'actualité (et souvent même la deux...) ?

Assia El'Hannouni elle non plus ne devait pas s'attendre à ça quand elle déclarait sur France 2 en plein journal télévisé que Nicolas Sarkozy l'avait baladé en lui promettant une entrevue, dans le but de la faire venir à la réception organisée par l'Elysée.
Tout au plus devait elle rechercher une certaine résonance médiatique quand elle exposait sa déception de n'avoir vu et entendu que peu de soutiens venus de la tête de l'Etat.

Même Bernard Laporte ne devait pas s'attendre à ça quand il attribuait cette montée au créneau à un caprice de star, estimant que l'athlète n'avait pas à se plaindre vu la somme encaissée (140.000 euros), grâce au chef de l'Etat. Mais El'Hannouni a du estimer que le prix du silence était plus élevé que cela.

Oui, sans doute personne ne s'attendait réellement à ce que le groupe UMP à travers l'un de ses portes paroles, ne remettent en cause le travail effectué par France Télévision pour retransmettre l'évènement.
Et pourtant, Philippe Juvin l'a fait. Allant même jusqu'à accuser le groupe de ségrégation.

Le lendemain d'une remise en question médiatique du soutien apporté par son pays et ses dirigeants sur une des chaînes de France Télévision. Quelle drôle de hasard.

Si ce n'est pas une punition, cela y ressemble fortement tout de même.

Accusé par les athlètes de n'avoir marqué aucun soutien (Laporte et Létard, les deux secrétaires d'Etat qui sont restés quelques jours à Pékin n'ont même pas rencontré les athlètes), l'Etat réplique donc en utilisant son appareil politique, l'UMP, pour accuser à son tour France TV de ne pas avoir suffisamment soutenu les athlètes français.

Voilà de quoi se faire aimer par les syndicats de France Télévision après un plan de financement qui a déjà été largement critiqué : critiquer une couverture médiatique supposée trop faible qui peut s'expliquer, par exemple, par un manque de moyens financiers...

Bizarrement, on pourrait s'imaginer qu'à l'heure actuelle, les dirigeants de notre beau pays ont autre chose à faire que de régler leur compte, par des truchements pour le moins obscurs, avec un organe médiatique retors qui donne la parole à une athlète handicapée quitte à la laisser exposer sa déception publiquement en égratignant le chef de l'Etat...

21.08.2008

Et des soldats meurent au combat

La guerre n’est plus le truc de notre temps. L’émotion suscitée par le décès de 10 militaires français pris en embuscade dans les montagnes afghanes en est la preuve. Si elle était un fait courant pendant des décennies, une échéance inévitable pour régler les conflits pour nos grands-parents et leurs parents, aujourd’hui la société française ne trouve plus normal que des militaires meurent au combat.

Le premier ministre a beau déclaré que la mission première de l’Armée française n’est pas l’aménagement du territoire mais bien la protection de la Nation et de ses intérêts à l’étranger, il n’est plus possible d’imaginer que nos soldats sont envoyés à la guerre, la vraie, celle où l’on peut voir son adversaire dans le blanc des yeux avant de l’arroser d’une rafale avec son FAMAS. Aujourd’hui, dans l’esprit d’une très grande majorité, la guerre est celle que nous voyons à la télé, avec des avions pilonnant des villes ou villages assiégés par des chars et de l’artillerie lourde, une guerre ou plus personne ne se salit les mains hormis quelques cow-boys accrochés à leur manche comme on s’accroche aux cornes du taureau pendant un rodéo.

L’émotion est donc grande. Et les politiques de tout bord se ruent dessus pour en jouer, pour utiliser les sentiments exacerbés que peuvent inspirer des images de familles déchirées par la douleur. C’est maladroit et c’est même plus que ça. C’est inconvenant. Tout comme il serait inconvenant de jouer de cette émotion pour justifier d’une quelconque action politique. Le temps de l’analyse froide et objective viendra bien assez tôt quand cesseront les pleurs des mères et des épouses. Car le débat de la présence en Afghanistan de l’Armée française mérite d’avoir lieu. Il mérite aussi d’être mené avec dignité, loin des idéologies partisanes et des conflits de clans, car de ce débat dépend de la vie d’autres hommes. Et la vie d’un homme a plus de valeur qu’une victoire électorale ou que quelques points dans les sondages.

Je regrette donc l’attitude de certains hommes politiques qui n’ont pas attendu pour faire de l’évènement tragique, un évènement politique. Mais je regrette aussi l’attitude des médias qui fidèles à eux-mêmes n’hésitent pas à exploiter cet évènement bien au-delà de ce que la simple information aurait voulu. A quoi bon téléviser la légitime cérémonie d’hommage par exemple ? Est-il, par exemple, nécessaire de surfer sur l’émotion pour chercher à faire de l’audience en montrant les veuves éplorées et les enfants atterrés, incapables de comprendre ce qui se passe réellement ?

Ces morts amènent beaucoup de questions. Des questions qui, malheureusement, tombent au bon moment puisque le débat sur la réactualisation de la carte militaire est encore tout chaud. Mais également des questions sur la stratégie de la France, sur sa capacité à former ses militaires, sur la vision que peuvent avoir ces hommes et femmes qui s’engagent du rôle de l’Armée et notamment sur la capacité de ce dernier à réagir face à une guérilla. Ces interrogations sont d’autant plus brûlantes que déjà les survivants parlent sans mâcher leurs mots.

Qu’on laisse les larmes séchées et les esprits s’apaisés et qu’on réponde ensuite à toutes ces questions pour qu’enfin les actions de nos Armées aient un sens et un but.

18.08.2008

Il dit à la France « Lève toi et marche » et la France se leva puis s’enfuit en courant




François Fillon est formidable. Sous ses airs de Droopy mal réveillé, malgré sa réputation caricaturale de pessimiste patenté, c’est un joyeux luron comme la France n’en a connu que peu. Le roi de la déconne, de la défonce et sans doute un amateur de champignons hallucinogènes.

Il est sympathique de François Fillon et donc toujours prêt à la déconne.

Ainsi, il y a quelque temps de ça, lors d’une réunion de l’UDI, Union Démocratique Internationale, destinée à s’auto-congratuler, François Fillon n’a pas hésité une seconde à déclarer dans un élan de lyrisme que la Droite avait réussi à sortir la France du relativisme culturel et moral. Rien que ça. Je suis persuadé qu’une telle déclaration laisse sans voix grand nombre d’entre ceux qui ont pu la lire. Et je ne parle pas de ceux qui ont eu le suprême honneur de l’entendre.

« Le relativisme culturel et moral ». Qu’est ce qu’un tel OVNI peut bien être ? Inutile de préciser que cette chose est le produit des machiavéliques gens de gauche qui font rien qu’à embêter les gens de droite et leurs bonnes intentions. Si quelqu’un veut bien tenter une explication sur ce que cela peut bien être, je suis preneur.

Mais non content de galvaniser les foules avec des formules au sens confus, François Fillon est également capable de caricatures piquantes et vives dignes de celles des Guignols de l’Info. Pour lui, la Droite à gagner la bataille idéologique, en parvenant au bout d’efforts que l’on imagine colossaux à valoriser des notions que la gauche avait foulées au pied et enfoncées plus bas que terre : la réussite, le respect et la responsabilité.

Et heureusement que la Droite a été là pour rehausser le niveau des valeurs car vu leur niveau actuel, on ne peut que difficilement imaginer où elles en seraient sinon. Sans doute au 32e dessous. Voir pire. Aujourd’hui enfin, grâce à la droite, on peut se promener tous les jours dans la rue et admirer avec contentement ce magnifique modèle de réussite qu’est la France, ce respect qui déborde de chacun et ce haut sens de la responsabilité dont nos hommes politiques sont les plus beaux représentants à travers le monde.

Pour continuer son discours François Fillon a fini par asséner une vérité toujours bonne à entendre. « Quand on ignore la réalité, on est au bout du compte, renversé par la réalité ». Et entendre ça dans la bouche d’un chef de gouvernement qui a basé toute sa politique économique sur des prévisions sortie tout droit du chapeau de Garcimore, c’est un incomparable moment de béatitude qui nous démontre, pour ceux qui en aurait encore eu besoin, que notre Premier Ministre d’un sens de l’autodérision inégalable.

 
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